Petite irrigation en zone de montagne

le maroc fait partie de pays à stress ou pénurie hydrique. la vulnérabilité du maroc aux changements climatiques (cc) et particulièrement celle des ressources en eau reste une donnée fondamentale qui conditionne l'avenir de l'économie, de la société et la précarité de ses composantes. la mobilisation et la gestion des ressources en eau dans les zones de montagnes pauvres contribuent incontestablement à l’amélioration des capacités d’adaptation aux cc des communautés ainsi que tout l’écosystème, ses équilibres et sa durabilité.

dans cette perspective des essais de recherche-développement sur le système goutte à goutte sont menés dans deux douars dans la zone montagneuse d'ait baha et de taroudant. la méthodologie adoptée combine plusieurs approches et outils basés sur la transdisciplinarité, la participation et le genre. en effet, dans une perspective écosystèmique, la question centrale qui a été traitée est dans quelles mesures la substitution de l'irrigation gravitaire à celle du goutte à goutte peut contribuer au développement des capacités adaptatives aux cc (sécheresse, pénurie d'eau, augmentation de la température).

les premiers résultats ont montré qu'avec les sécheresses répétées les ressources en eau et les superficies cultivées ont été réduites dans les douars étudiés. les essais participatifs de recherche-développement de conversion du système d'irrigation gravitaire vers le goutte à goutte sur différentes cultures (olivier, pomme de terre, tomate, navet, safran…) ont dégagés une efficience d'utilisation de l'eau d’environ 100%. en effet, pour le gravitaire la perte d’eau par évaporation, lessivage et infiltration s'étale sur une surface plus importante. la durée des irrigations dure une demi journée sur des parcelles de 20 à 50m². ce système aussi donne une faible productivité et efficience d’utilisation de l’eau. par ailleurs, dans le goutte à goutte la perte d’eau est limitée par évaporation localisée et le temps de l'irrigation devinent minime (ouverture et fermeture des vannes) et les besoins maîtrisées avec des besoins plus précis pour chaque culture. en effet, pour la culture de pomme de terre, le goutte à goutte a permet un gain d'eau d'environ 35% par rapport au gravitaire avec un doublement du rendement et une réduction quasi-totale des mauvaises herbes. il a été aussi noté une extension des superficies de cultures avec une reconversion de plus de 50% des parcelles en goutte à goutte dans différentes zones de montagnes : ait baha, taroudant et taliouine et une adoption rapide de cette technique par la communauté. il est à noter que les femmes et les jeunes filles, sont les responsables des taches d'agriculture et elles ont joué un rôle important dans l'adoption de cette technique.

cette technique permit aussi aux communautés vulnérables des zones de montagnes d’assurer l’autosuffisance en denrées alimentaires à cours terme et l’amélioration des revenues par la vente des productions excédentaires après intensification de la production en adéquation avec la disponibilité des ressources naturelle (eau, sol et intrants…) à long terme. en fin, la réussite de ces options reste étroitement lier au niveau organisationnel et institutionnel des communautés cibles et du rôle incontournable des institutions politiques pour le suivi, l’encadrement et l’incitation de toute action contribuant à cet objectif.

en conclusion, la petite irrigation à basse pression est une option technique efficiente en terme de d’amélioration de la disponibilité de l’eau d’irrigation; de la productivité de l’eau; de la productivité agricole et des revenues des riverains;de lutte contre la pauvreté et assure la sécurité alimentaire pour les communautés les plus vulnérables aux changements climatiques; de limiter le phénomène de l’exode rural.

ainsi nous recommandons : la multiplication de cette expérimentation sur d’autres sites du maroc; l’incitation de la reconversion de l’irrigation gravitaire en goutte à goutte à basse pression; la création d’association des usagers d’eau d’irrigation pour faciliter la reconversion; le renforcement de capacité des communautés en terme d’amélioration de l’utilisation et de l’efficience de l’eau d’irrigation et enfin la valorisation des productions agricoles par leur ventilation au marché locale sous le signe biologique.


  • Domaine : Ressources naturelles et environnement
  • Filière : Ressources en eau
  • Date de publication : Vendredi 3 Fevrier 2017
  • Region : Souss-Massa
  • Auteur : Mimouni
  • Source : Centre Régional de la Recherche Agronomique
 

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